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20 juin 2013

Day 174

Classé dans : Non classé — 120daysinindia @ 18 h 29 min

Voilà 56 jours que je suis de retour chez les miens. Que j’ai retrouvé mes talons hauts, mes petites robes, ma meilleure amie, mes « camps de base » rue de la soif, et la sécurité de mes rues … Enfin si on veut … Disons simplement, qu’après 4 mois en Inde, les gros relous de Lille semblent être de parfaits gentlemen …

Il est peut être temps de faire le bilan !

Depuis que je suis rentrée, j’entends en boucle la même question ; « Alors, l’Inde ???! » Et chaque fois, le même et unique mot me vient aux lèvres. « C’était … Intéressant… »

Mes sentiments à propos de l’Inde restent partagés, confus et paradoxaux. J’ai adoré et détesté, j’ai rencontré des gens absolument fabuleux et des porcs, j’ai vu la misère la plus atroce et la richesse la plus extravagante. Mon voyage aura été marquant, décevant, et tellement enrichissant. Mais c’est dans ma vie de « femme » qu’il m’aura le plus touchée.

Si j’avais su ce qui m’attendait en Inde, je n’aurais probablement pas choisi cette destination. Et j’aurais raté quelque chose !

Pourtant, je ne regrette rien.

Pour faire le bilan de mon voyage, je vais devoir parler d’un sujet qu’on ne peut contourner en allant en Inde. La condition féminine.

L’Inde, la beauté de ses femmes en sarees, ses couleurs, ses temples immenses et imposants. Le pays du kama sutra, la sensualité des vêtements et parures féminins. L’Inde que l’on imagine, l’Inde telle que je la voyais. La réalité est bien plus perverse …

Je hais ce sentiment, ce sentiment de peur et de malaise qui me suit et grandit sous les yeux des hommes. Je les hais, je hais leurs regards vicieux, leurs sourires en coin, je hais comprendre ce que leurs yeux expriment. Parfois, je regarde les femmes entièrement voilées et je les envie. Je me dis, que ce sont elles qui ont raison. Elles marchent tranquillement, à l’abri des regards. Je vois ce voile comme un mur, une protection entre moi, mon corps, mon intégrité et eux, leurs yeux, leurs mains et leurs fantasmes. Et je me déteste tellement d’en venir à penser de cette manière. Moi, qui me croyais forte, indépendante, hautainement occidentale. Il est facile de juger, de se moquer, et de se sentir forte dans un pays ou l’on est défendue, respectée, et estimée au même titre qu’un homme. La vérité en Inde est bien perverse, elle est cachée, mais terriblement présente, étouffante, oppressante.

Parfois, je sens la main rassurante de papa se poser sur mon épaule d’un geste tendre et protecteur. Dans ces moments là, je respire, je me décrispe et me détends. Les regards n’ont plus la même intensité.

Un jour, je marchais dans la rue, et j’ai vu un groupe d’hommes en face de moi. (Comme les piranhas, seuls ils sont pathétiques, ils ne se baladent qu’en bande …) Je me suis surprise à sentir une boule monter au creux de mon estomac. Je savais ce qui allait se passer. Au mieux, j’allais me faire mater outrageusement. Et j’ai fait quelque chose que je n’ai jamais fait, j’ai baissé les yeux… J’ai baissé les yeux le temps qu’ils passent. Lorsque j’ai relevé la tête, je me suis rendue compte de ce qui venait de se passer. Je venais de me soumettre, je venais de leur dire : « Allez y, faites ce que vous voulez, je ne réagirai pas… » Quand, à Lille, je porte ostensiblement ce que je veux, je fais baisser les yeux qui osent avoir une parole, un geste, un regard déplacé… Ici, je me cache et me soumets. Cette atmosphère gangrène, et je suis atteinte. Mon comportement n’est plus le même. Je ne suis plus la même. Et pourtant, je ne suis ici que depuis quelques mois ! Cet épisode s’est révélé être une énorme prise de conscience. A la suite de laquelle je me suis forcée à garder la tête haute, à les défier du regard. Mais il faut comprendre et admettre que c’est très loin d’être facile.

L’Inde change, elle se développe, la place des femmes bougent. De plus en plus d’entre elles font des études, deviennent indépendantes, prennent des postes importants. Dans une société machiste et profondément patriarcale, les hommes se regardent perdre leur main mise sur les femmes. Ils utilisent leur dernier recours, leur dernière arme pour asseoir leur domination masculine ; le viol.

Puisqu’ils choisissent de faire de leur sexe la seule preuve de leur masculinité, virilité, position d’homme, le seul moyen de les punir serait de leur enlever cette seule partie de leur anatomie qui fait d’eux des hommes. Mais en Inde, la justice est une notion hautement philosophique … Pas très pratique !

Lorsque je raconte l’Inde, je ne suis pas sure de pouvoir retranscrire la magnificence de ce que j’y ai vu, je ne suis pas sure de retranscrire l’horreur que l’on peut y ressentir. Lorsque je pense à l’Inde, je ne suis pas sure de ce que je ressens. Je suis soulagée d’être rentrée, mélancolique de l’ambiance indienne. Lorsque je pense à l’Inde, mon estomac se serre, un frisson me parcourt le dos, une chaleur m’enveloppe tout le corps. Là est le secret de l’Inde ! Un doux bordel, un pays de paradoxes et d’incompréhensions. Et comme le dirait si bien Wolfgang : « L’Inde je la déteste, chaque fois, je jure que jamais plus je n’y mettrai les pieds. Cette année, je le jure pour la 15ème fois … »

Je me suis jurée de ne pas y retourner et pourtant je sens cette force qui finira par m’y ramener ! (Mais enfin, pas tout de suite …)

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Inkredible India !

20 avril 2013

Day 103

Classé dans : Non classé — 120daysinindia @ 14 h 01 min

8h ! C’est l’heure du petit déj’ !!! Namisha et moi, allons nous installer dans une cantine déserte. Mais très vite, un puis deux puis trois petits bouts de chou se montrent. Ils dépassent à peine le plan de travail, et doivent se mettre sur la pointe des pieds pour tendre leurs grands plateaux. Ils portent des chemisettes à carreaux boutonnées jusqu’au dernier bouton, des petits shorts sur leurs jambes maigrelettes. Les filles, dont les cheveux sont coupés très courts portent des robes col claudine style pensionnat anglais. Ils ont de 4 à 6 ans et se chamaillent joyeusement dans la file avant de se faire servir. La cantine se remplie à une vitesse folle, notre table est bientôt assaillie par des paires d’yeux curieux et des sourires gais. En face de moi, un garçonnet d’environ  5 ans avale son riz au curry en triant les piments (sur ce point je te comprends mon bonhomme !). Il est bien plus doué que moi pour manger avec ses mains et s’amuse beaucoup de me voir galérer pour amener mes petites boules de riz à la bouche avec mes doigts. Il me regarde de ses yeux globuleux, et me sourit. Son visage est si doux. Finalement, il se lève, va parler à une dame et me ramène fièrement une cuillère. Il finit tranquillement son assiette, puis va sagement la porter à la vaisselle. Avant de quitter la cantine, il me lance un regard plein de bienveillance.

Sa place vide est instantanément prise d’assaut par un autre petit garçon. Celui-ci a un grand sourire joyeux, qui ne le quitte jamais et lui donne un air clairement malicieux. Il me demande comment je m’appelle, et me dit timidement qu’il trouve mon prénom très joli. Je lui retourne la question. Il s’appelle Manchunia ou Manchudia … je n’arrive pas à prononcer son prénom et ça le fait bien rire. Je lui demande si je peux l’appeler M, il prend un air très sérieux et me répond par l’affirmatif, « on dirait un nom de rappeur »… Nous échangeons quelques phrases basiques en Hindi et anglais. Il a le sourire le plus craquant que je n’ai jamais vu. Lorsqu’il rit, tout son visage s’éclaire, s’illumine, ses yeux pétillent littéralement. Wahoo ! Cette rencontre marque clairement ma journée !

Lorsque je sors de la cantine, un bébé, à peine vaillant sur ses deux jambes, me court dessus et tombe dans mes bras. Il se blottit contre
mon épaule, je le serre un peu plus fort et lui caresse le dos, il me plante un bisou sur la joue et retourne simplement d’où il est venu ; nulle part.

Je ne me lasse pas de me balader dans l’enceinte de l’association. Je ne suis plus en Inde, je suis loin, sur un autre continent, dans un autre
monde, plus doux, sécurisé, stable. Ces femmes, ces enfants, ont vécu les pires tortures, ils ont vu et survécu à des choses que je n’oserai même pas imaginer et pourtant, je ne vois ici que de l’entraide. Les regards sont curieux, bienveillants, remplis d’espoir…

Day 102

Classé dans : Non classé — 120daysinindia @ 13 h 58 min

Une soirée avec les prostituées d’Ahmed Nadar.

Ce soir, nous allons passer la soirée avec des « anciennes » prostituées d’Ahmed Adar sur leur « ancien » lieu de travail.

Nous nous enfonçons dans des ruelles étroites et sombres, pour arriver sur une toute petite place. Des femmes sont là, devant le pas des
portes. Certaines écossent des petits pois, d’autres papotent simplement. Elles portent de jolis sarees colorés, elles sont coiffées, maquillées… Ce qui est plutôt étranges pour des Indiennes. Elles nous invitent à nous asseoir avec elles, et nous commençons à discuter de tout et de rien mais surtout du travail de Snehalaya. Ces femmes font face à de nombreuses difficultés. Premièrement, la prostitution est formellement interdite en Inde et comme dans beaucoup de pays, plutôt que de punir les clients (qui sont souvent des politiciens, ou
autres hommes de pouvoir influents…) la police préfère punir les prostituées. 5 ans de prison pour une prostituée prise en flagrant délit. Il est donc clairement impossible d’officier dans des lieux sûrs… A cela, il faut ajouter le manque d’hygiène, la toute puissance du client qui refuse très souvent le port du préservatif. Les enfants des prostituées sont les proies de nombreux dangers, vols, gangs, viols… Pour tenter de remédier à ces problèmes et sortir ces femmes de la misère sociale dans laquelle elles sont enfermées, l’organisation leur a fourni une machine à coudre et les paye 200 rupees par jour pour confectionner des serviettes hygiéniques. De cette manière, ils règlent deux
problèmes majeurs ; ils donnent un travail à ces femmes et offrent une hygiène féminine (gros manque dans le pays).

Il faut cependant savoir qu’une prostituée gagne 200 rupees par client. Le calcul est simple…

Elles sont pourtant très heureuses de nous voir, et de discuter avec nous. Je prends le temps de les étudier. Elles ont le visage dur, las et fatigué. Je suis assise à côté de Manisha, une femme forte et orgueilleuse au sens positif du terme. Lorsqu’elle parle, elle tient la tête haute. Elle ne mâche pas ses mots et dit clairement tout ce qui lui passe par la tête. Elle me montre fièrement une photo de son fils de 15 ans qui étudie grâce à l’organisation.

Moi : « Que se passe t’il lorsqu’un client est violent ? Y’a-t-il des gens pour vous protéger ? Vous protégez vous les unes, les autres ? »

Manisha : « Regarde-moi ! T’as vu ma corpulence ?! Un homme ne peut pas me battre ! C’est moi qui bats les hommes ! » Elle part dans un grand rire partagé par tout le monde.

Jessica : « Es tu déjà tombée amoureuse ? »

Manisha : Son visage prend un air sombre et triste. « Je suis tombée amoureuse une fois, quand j’avais 15 ans. Je me suis sauvée de chez moi, et j’ai suivi l’amour. Je ne savais simplement pas que l’amour me mènerait là… »

#Life 1 – Love 0

Day 101

Classé dans : Non classé — 120daysinindia @ 13 h 51 min

Aujourd’hui, Namisha et moi quittons Mumbai pour nous rendre dans l’association Snehalaya (Plein d’amour en Hindi). Cette association a pour but de s’occuper des femmes et enfants rescapés du commerce sexuel. Ils œuvrent dans le milieu de la prostitution, offrent des perspectives d’avenir pour ces femmes et leurs enfants. Ils accueillent toutes les âmes égarées et livrées à la cruauté de la rue. Les femmes et les enfants sont divisés dans des dortoirs en fonction des âges, sexe et de leurs états de santé (beaucoup de pensionnaires ont le Sida).

Comme d’habitude, le voyage ne se passe pas tout à fait comme prévu. Snehalaya se trouve à 200km de Mumbai, ce qui représente environ
6h de bus de nuit.

Le car n’a que 30min de retard (autant dire pas de retard du tout pour l’horloge Indienne), la couchette est super confort, en 5 min je
sombre dans un profond sommeil. A 5h, Namisha me réveille; on arrive dans 5min, je me prépare et j’attends. Elle revient me voir, non, en réalité il nous reste encore 1h. Je me rendors instantanément. Une heure plus tard, elle me réveille à nouveau : le bus est arrêté au milieu de nul part, il ne fonctionne plus. Nous ne sommes qu’à quelques dizaines de minutes de l’organisation et réussissons à monter dans un autre bus. Il n’est même pas 7h …

Lorsque nous arrivons, c’est l’heure du petit déj’ ! Mina, l’organisatrice en chef de la vie de l’association me présente une assiette de riz pimenté avec un sourire adorable. Je lui rends son sourire mais le riz pimenté avant 8h, je suis sincèrement désolée, je ne peux pas. Elle a
l’air désolée et va retourner la cuisine pour me ramener du riz au lait blanc sucré. Ah ! Ca, je peux ! Merci Mina !

Ensuite, elle nous sert de guide pour visiter l’association. Nous passons nous présenter dans tous les dortoirs sans exception. Nous arrivons à un bâtiment un peu à l’écart. Lorsque nous nous en approchons, trois petits bouts en sortent. Ils se jettent dans mes bras, m’attrapent les mains pour faire une ronde, jouent avec mon écharpe… Je reste une bonne demi heure en leur compagnie puis Mina nous fait signe qu’il est temps. Je leur dis joyeusement « au revoir » de la main. Lorsque nous sommes à bonne distance, Mina nous explique que ces trois petits bouts de rien du tout ont le Sida et qu’ils ne seront probablement pas assez forts pour passer l’année. Je prends un coup de marteau dans l’estomac.

Nous rencontrons les fondateurs et les managers de l’organisation qui nous expliquent chacun de leurs projets en détails. Ils sont sur tous les fronts. Orphelinat, centre d’adoption, centre de soins pour les malades du Sida, éducation des anciennes prostituées, des enfants des bidonvilles, refuge… Nous regardons une vidéo de présentation de l’association ; un médecin apprend à une prostituée à mettre une capote. Personnellement, ma mère m’a expliqué le processus sur le manche d’une brosse à cheveux. Ici, le modèle est épais comme mon poing et long comme mon avant bras. L’élève ne se défait pas de son petit sourire en coin pendant toute la durée de l’opération. « Come on » les gars ! Sérieux ?! Vous pensez vraiment pouvoir berner des nanas qui en ont vu plus qu’on ne peut l’imaginer ? (Il faut croire que même les hommes de conviction ont des fiertés sur lesquelles ont ne peut pas rigoler…

Enfin, nous nous rendons dans la « ferme » de l’association. Ici, on creuse des puits, on cultive la terre, on élève des animaux. Plusieurs familles vivent là, l’association offre un toit, un travail et une éducation à chacun. Deux jeunes garçons nous montrent fièrement avec quel soin ils s’occupent des animaux. Au moment de partir l’un d’entre eux nous suit en courant et me donne une carte qu’il a dessiné sur laquelle il a écrit avec une application clairement lisible « For you, to come back again and again… » Je lui souris, mais je crois qu’il est bien plus heureux de me donner sa carte que moi de la recevoir ! Et pourtant, ce petit cadeau me touche énormément…

8 avril 2013

Day 97

Classé dans : Non classé — 120daysinindia @ 16 h 05 min

Last day …

Notre dernier jour est arrivé. Enfin notre dernier jour ensemble en Inde quoi ! Demain matin, papa s’envolera pour la France et moi je rejoindrai Namisha à Mumbai. Pour marquer le coup, nous rejoignons Déborah et François au « My Bar » un genre de pub irlandais.

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Première tournée : une bière chacun. (Ici, la bière c’est 650mL, alors on peut aller se rhabiller avec nos bébés pintes, d’ailleurs mon petit breton, tiens toi prêt, je t’en amène une, ou deux…)

Très vite, il est déjà l’heure de la deuxième tournée.

Evidemment suivie par la troisième.

Ils n’avaient pas parlé de shots de Vodka à 30 rupees ?

Jamais un sans deux N’est ce pas ?

(Je m’arrête là, parce que premièrement je ne suis pas très sure de la suite des évènements et deuxièmement ce qui se passe à Delhi, et bah… ça reste à Delhi ;))

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Cependant, il faut bien avouer que faire sa valise à 6h le lendemain matin, aller à l’aéroport, prendre l’avion … Tout ça, c’était loin d’être évident …

Et puis, c’est toujours dans ces moments là que le pilote choisit de passer par des zones de turbulences hein …

J’ai donc quitté mon gros papa dans le taxi entre le terminal des vols domestiques et celui des vols internationaux. Un gros câlin qui sent la bière, la fierté et l’amour (tous les trois partagés) pour clôturer « un voyage de rêve ou un rêve de voyage ».

Merci papa, je t’aime !

Day 96

Classé dans : Non classé — 120daysinindia @ 15 h 37 min

Retour à Delhi !

Nous prenons un train de nuit pour rentrer à Delhi, sauf que cette fois, pas de sleeper classe ! Non, ce sera la 1ere pour nous !

Nous nous tenons sur le quai de la gare bondée avec 2h d’avance. Miraculeusement, nous trouvons deux sièges libres dans un coin. Nous prenons place avant d’être plus ou moins gentiment chassés par un policier. Ces sièges sont réservés à la police. Papa sourit et s’excuse humblement, moi, je marmonne et jure.

Je regarde haineusement le policier gras et suintant de sueur, il me regarde, je le regarde, il comprend que j’ai compris, je comprends qu’il a compris que j’ai compris. Bref, il pose son gros cul de fainéant sur ma chaise.

Le train arrive, nous trouvons relativement facilement et calmement nos places. Très vite, nous nous endormons et passons une très bonne nuit à bord du Delhi express.

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Nous décidons d’aller prendre un brunch dans un petit restau pas cher et sympa à quelques pas de notre hôtel. Nous nous asseyons et alors que nous débattions sur quel sorte de porridge nous allions prendre une voix nous arrête. « Pauline ?! » C’est Déborah et François ! Un couple d’exchanges français qui était avec moi à Indore !!! Quelle était la probabilité de les retrouver dans ce restau à Delhi ?! Nous partageons le petit déj’ ensemble (On en a même oublié le porridge !) et nous mettons d’accord pour aller boire un verre le lendemain soir, dernière soirée pour papa. Nous avons trouvé un Tir Na Nog version indienne qui devrait faire l’affaire…

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7 avril 2013

Day 95

Classé dans : Non classé — 120daysinindia @ 11 h 38 min

Ce matin, nous nous réveillons avec le soleil : TOT !

Au programme : Aller voir les ablutions du matin ! Un gamin d’une dizaine d’année nous saute dessus, il nous propose de nous prendre en bateau, nous acceptons. La vue du fleuve est vraiment parfaite. Nous regardons la population se laver dans l’eau du Gange (une eau tellement dégueulasse, que même le pire des microbes n’oserait pas s’y aventurer) les femmes enlèvent leurs sarees en tournant le dos au fleuve, (bah, oui un peu de pudeur pardi !) donc, en faisant face au passage… Hum… Il est des choses que je ne comprendrai donc jamais ! Les Ghats sont bondées, ça rit, ça chantonne, ça éclabousse. L’atmosphère est colorée et joyeuse ! Nous sommes enchantés, un film de carte postale a lieu sous nos yeux…

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Varanasi, c’est l’Inde, la Vraie !

Ca pue et c’est parfumé.

C’est désert et surpeuplé.

La sensualité des sarees colorés cohabite avec l’austérité des burkas sombres.

Les palais de Maharajas écrasent la fragilité des bidonvilles précaires.

C’est la beauté du sourire des gamins dans la laideur de la crasse, la pauvreté et la misère.

C’est le tumulte de la rue et le calme des temples.

C’est la spiritualité dans un monde moderne emplit de doutes et de science.

C’est l’Inde, l’Inde que je hais et que j’adore.

Day 94

Classé dans : Non classé — 120daysinindia @ 11 h 30 min

Varanasi, l’immersion au cœur de l’Inde

Varanasi se mérite ! Une dizaine d’heures de voiture, un repas chelou dans un restau encore plus chelou sur le bord de la route, une marche de 15 minutes dans un dédale de ruelles pour accéder à l’hôtel, une foule toujours plus importante et pressante, et une chambre qui sent la transpiration imprégnée… Bref un bon gros bordel Indien.

Mais laissez moi vous parlez un peu de Varanasi…

La ville de Varanasi aussi connue sous le nom de Bénarès borde le fleuve sacré du Gange. C’est le haut lieu de l’Hindouisme. Et pour cause, c’est une place de pardon et de libération. 60 000 pèlerins par jour viennent y faire leurs ablutions pour laver toutes leurs vies passées de leurs péchés. Les Indiens viennent y mourir en masse car selon la croyance Hindou, mourir à Varanasi met un terme au cycle des réincarnations. Il y a donc peu de monuments à visiter (ça, ça n’est pas plus mal, parce qu’après 5 ou 6 forts et une quinzaine de temples, on commence à se lasser…) mais une réelle atmosphère dont il faut s’imprégner. Varanasi, c’est l’Ame de l’Inde, la véritable ambiance indienne dans tous ses paradoxes et ses mystères. Aller en Inde sans voir varanasi c’est ne pas avoir vu l’Inde du tout.

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Nous assistons à la cérémonie de Puja, les offrandes de lumière au Gange. Une foule monstrueuse est docilement assise sur les Ghats, (les marches de pierre qui longent le fleuve.) devant elle, de jeune prêtres endimanchés font face au Gange et réalisent une danse longue, solennelle et calculée. Les spectateurs tapent mollement dans les mains, des clochettes tintent, les speekers envoient une musique saturée. On semble y être parce qu’il faut y être plus que pour réellement célébrer quelque chose, mais l’ambiance est tout de même quelque peu électrisante.

Le lendemain matin nous déjeunons sur la terrasse de l’hôtel avec vue panoramique sur le fleuve. Nous nous sentons grisés ! Et ne pouvons plus attendre pour aller longer les Ghats à pied et nous engouffrer dans les ruelles étroites de Varanasi. Mais avant toute chose, il est temps de dire au revoir à Santos ! Et oui, une page de notre périple se tourne, notre super driver nous serre chaleureusement les mains et nous souhaite une très bonne fin de voyage. Il nous manquera ce Santos ! Notre homme de confiance, notre guide, notre transporteur…

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Nous marchons le long des Ghats, nous arrêtons regarder jouer de jeunes amateurs de Cricket (toujours pas compris en quoi ça consistait d’ailleurs…) Nous nous perdons dans les ruelles si étroites que nous ne pouvons y passer qu’un à la fois. Les odeurs se succèdent et ne se ressemblent pas, les épices, les bouses de vaches, l’eau stagnante et pourrie, les oignons frits. Tous ces chemins sont si sinueux, si tortueux, nous sommes comme dans un labyrinthe surpeuplé et ne savons plus ou donner de la tête. Des mendiants nous foutent leurs moignons en putréfaction sous le nez pendant que des gamins cul nus courent en riant autour de nous. Et puis, en fin de journée, nous nous dirigeons vers  « les buchers qui ne s’éteignent jamais ». L’atmosphère ici est irréelle. Des familles chantent sur le bord du Gange, des porteurs descendent des corps recouverts d’un linceul dans l’eau et les immergent complètement avant de s’en retourner et de les arracher définitivement à notre vue. Certains curieux sont simplement assis là, les vaches se baladent à l’aveugle, les mômes jouent et piaillent. Les tas de bois sont absolument immenses, mais les buchers semblent fragiles et éparpillés. Il n’y a pas de crémation ce soir.

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4 avril 2013

Day 93

Classé dans : Non classé — 120daysinindia @ 14 h 27 min

Agra twice !

Bon, alors, il faut bien avouer une chose… Agra, avec un chauffeur, un hôtel et un papa porteur du porte feuilles c’est quand même vachement plus facile qu’Agra en train, en une journée, sans se laver, en portant son sac à dos et avec son propre porte feuilles !!!

Nous avons opté pour le « home stay » autrement dit, nous dormons non pas à l’hôtel mais dans la maison d’un Indien ! Notre hôte se nomme Rajiv, il parle un français loin d’être mauvais et possède une superbe maison très moderne. Nous discutons un peu avec lui, juste assez pour apprendre qu’il a vécu 3 ans à Ramatuelle, fait du business entre St Malo et St Tropez… Mais les taxes étant trop importantes en France, (Sérieux ?!)  il s’est expatrié aux Etats Unis, ou il a passé 20ans. Maintenant, il prend une petite retraite au bord du Taj Mahal. Sa femme nous concocte un délicieux diner végétarien agrémenté de chapatis frais et autres légumes mijotés.

Même si les discussions avec Rajiv sont plutôt sympas, nous sommes tout de même là pour voir le Taj Mahal, alors Santos vient nous chercher et direction le lieu le plus visité d’Inde. Nous y allons en toute fin d’après midi, histoire de voir le soleil se coucher sur cette merveille d’architecture.

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L’avantage, en y étant allée un mois auparavant, c’est que je fais (sans me vanter) un bon guide. Nous ne perdons pas de temps et très vite nous arrivons vers cette petite porte par laquelle on a toujours le premier aperçu du Taj. On n’en voit que des bribes, suivant l’angle par lequel on pénètre dans l’enceinte. Mais cette première vision est magique, car une fois la porte dépassée, il nous apparait. Majestueux, immaculé, parfait. Dans la lumière décadente, il prend des teintes jaunes, oranges, roses. Nous sommes au calme, tous les deux assis sur un banc à observer sa splendeur. En imprimer chaque petit détail dans nos esprits. Je réalise alors, je me trouve devant le Taj Mahal, l’une des merveilles du monde, en Inde, à côté de mon père. Et tout à coup, je le trouve plus beau… (Le Taj hein, pas mon père …) je le trouve plus grand, plus blanc, plus impressionnant, ce symbole d’un voyage unique et extraordinaire…

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…avec mon père

 

Comment contacter le home stay de Rajiv : www.sailhomestay.com

3 avril 2013

Day 92

Classé dans : Non classé — 120daysinindia @ 12 h 52 min

Jaipur, un peu plus qu’un parfum ….

En ce qui nous concerne, Jaipur fut une petite déception. Grosse ville, pas très originale, elle ressemble à toutes les mégalopoles indiennes, ou presque…

Cependant, nous trouvons un petit nid sympa (un p’tit déj’ du tonnerre et une piscine…) en la demeure de l’hôtel Dera Rawatsar et nos nouveaux copains Marie-Noel et Claude, un couple de français qui nous suit de près dans notre périple indien.

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Le seul monument de Jaipur nous ayant réellement enchanté fut le monkey temple, comme son nom l’indique, le temple des singes ! (Bon, OK, en Inde, tous les temples sont un peu des monkey temple mais celui-ci l’est un peu plus que les autres!) Un temple encastré entre deux énormes montagnes. Il resplendit littéralement par le contraste qu’il offre entre ses matériaux aux couleurs douces et lisses et ceux de la montagne durs et bruts. Nous y croisons de nombreux singes évidemment (je parle ici du petit animal hein pas des indiens mâles qui ne savent pas se tenir quoique…) des vaches, des chiens, des oiseaux, des ânes, des rats, des écureuils, bref une joyeuse basse cours. Les hommes couchés à l’ombre des arbres, regardent des femmes sèches et brulées de soleil mélanger le ciment à l’aide de lourdes pelles. Douce ambiance indienne…

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Bien que nous ne soyons pas vraiment conquis par l’atmosphère de Jaipur que nous jugeons trop commune, nous savons ou trouver de quoi nous divertir… Et oui, papa et moi décidons de jouer les fortes têtes (voir même les têtes brulées) et d’aller manger dans une petite échoppe de rue, la Doodh Misthan Bhandar…

Nous choisissons divers samosas et autres fritures et sautons le pas. Très vite, chaque bouchée nous brûle la langue, le palais, l’œsophage… Nous ne pouvons plus continuer, il nous faut une solution!

La solution est toute prête, c’est un lassi; une boisson locale, sorte de milk shake sucré.

Je regarde le vieux bonhomme nous préparer notre potion magique. Il touille le lait, la crème et le sucre avec un fouet impressionnant dans une grande jatte, je tourne un instant la tête et lorsque je regarde à nouveau… trop tard ! Il y a ajouté des glaçons pillés…. Il me sourit, de toute sa bouche sans dent, apparemment il est très fier de sa recette ! Tant pis! Des larmes coulent sur mes joues tellement ma bouche pique, pas le temps de lui demander d’en faire un autre. Il attrape un verre en terre cuite, le rince, dans une bassine d’eau trouble, le remplit du fameux lassi et me le tend. Je le remercie, essayant de cacher mon appréhension et préviens tout de suite papa; il faudra que nous soyons très vite rentrés à l’hôtel, parce que, vu le nombre de microbes, parasites et autres petites bêtes super mignonnes avec lesquelles nous allons être en contact, les résultats sur nos intestins risquent d’être sinon immédiats, très rapides…

Nous nous lançons dans la dégustation de ce breuvage doux et sommes particulièrement surpris ! Ce lassi est délicieux !!! Tellement délicieux, que les images d’heures prochaines à passer sur le siège ne suffisent pas à nous empêcher de le terminer ! Il faut vivre dangereusement dit on ?

Dans le cas ou certains se demanderaient ce qu’il est advenu de notre digestion… Je répondrai avec délice qu’elle n’a pas été altérée pour un sou ! Hey ! Ca paye de vivre dangereusement il faut croire !

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